Le saviez vous ?

Questions / Réponses

14 / 11 / 2011

Retrouvez ici toutes les questions-réponses sur l’utilisation des pesticides.

Pour vos questions plus précises concernant le jardinage en général, les plantes, l’arrosage, l’exposition, les maladies, retrouvez une communauté de jardiniers sur le forum du site jardiner-autrement.fr.

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Quels sont les différents types de pesticides ?

Les produits désignés comme « pesticides » par le grand public sont des produits qui ont pour fonction de détruire les organismes pouvant nuire aux plantes. Ils affectent la quantité et la qualité des productions agricoles.

Les professionnels utilisant ces produits (ex : agriculteurs) les désignent sous le terme de « produits phytosanitaires », tandis que les textes réglementaires utilisent le terme de « produits phytopharmaceutiques ».

Trois principales catégories de pesticides sont utilisées par les jardiniers amateurs :

  • les herbicides : contre les mauvaises herbes 
  • les fongicides : contre les champignons
  • les insecticides : contre les insectes


La plupart des pesticides ne sont pas sélectifs et ont de véritables conséquences sur la biodiversité. Autrement dit, en utilisant des produit chimiques pour traiter un problème, on porte atteinte au bon fonctionnement du jardin : élimination d’insectes utiles pour la pollinisation des fleurs, plantes ou des insectes auxiliaires naturels de culture, dégradation de la qualité des sols, fragilisation de la plante elle-même, etc. C’est tout l’équilibre de la nature qui est bousculé.


Quels sont les risques liés aux pesticides ?

Les risques pour la santé

Lors de l’application, 95% des risques liés aux pesticides relèvent du contact du produit avec la peau et provoquent 4 niveaux de gravité pour la santé :

  • les allergies, brûlures, irritations par contact de la peau ou des yeux ;
  • les maux de tête, vomissements, diarrhée, tremblement, sensation de faiblesse ;
  • en cas de contact prolongé, les pathologies chroniques : asthme, œdèmes broncho alvéolaire, etc ;
  • la baisse de la fertilité, les malformations congénitales par exposition continue ou prolongée.

Les risques sur l’environnement

Les pesticides sont responsables de la pollution de l’eau.
Les désherbants utilisés sur des surfaces imperméables ou peu perméables (cours gravillonnées ou pentes de garages par exemple) se retrouvent dans les eaux de surface ou souterraines et entraînent, du fait d’une faible infiltration, une pollution des eaux liée au ruissellement. Sans en avoir conscience, beaucoup de jardiniers amateurs sont donc responsables d’une part importante de la pollution des eaux.

Les pesticides menacent la biodiversité

La plupart des pesticides ne sont pas sélectifs et ont de véritables conséquences sur la biodiversité. En utilisant des produits chimiques pour traiter un problème, on porte atteinte au bon fonctionnement du jardin : élimination d’insectes utiles pour la pollinisation des fleurs et des plantes (les insectes auxiliaires naturels de culture), dégradation de la qualité des sols, fragilisation de la plante elle-même, etc. C’est tout l’équilibre de la nature qui est bousculé.


Les risques sur l’alimentation

Les pesticides utilisés pour traiter un potager se retrouvent bien souvent dans les assiettes. Ce sont ainsi des dizaines de pesticides différents que chacun peut ingérer tous les jours et qui sont mauvais pour la santé. Le meilleur réflexe est de privilégier les bons fruits et légumes au naturel, même s’ils sont un peu moins jolis.



Quelles sont les précautions à prendre lors de l’utilisation de pesticides ?

Crédits photo : José 16/Fotolia

Pour la santé

  • Utiliser des équipements de protection adaptés : gants systématiquement et en cas de besoin : combinaison, bottes, gants en nitrile, lunettes, masque…
  • Laver ses gants et se laver les mains après chaque traitement
  • Ne pas traiter en cas de vent, pour éviter d’entrer en contact avec le produit.

Pour l’environnement

Le risque étant lié au produit, mais aussi à l’utilisation que l’on en fait et à la façon dont on l’utilise il est important de choisir les produits les mieux adaptés :

  • A ce que l’on veut combattre.
  • Au moment de l’année, aux conditions climatiques.


Pour cela, demander conseil en jardinerie pour une aide au diagnostic de la maladie, et pour adapter au mieux le produit et son utilisation à la situation.

Crédits photo : Julien Tracol/FotoliaRespecter les précautions d’emploi :


  • Respecter la dose et ne pas mélanger les produits : les pesticides sont élaborés pour être efficaces à la dose indiquée sur l’emballage. Toute augmentation de la dose ou tout mélange de produits entre eux augmente les risques pour la santé et pour l’environnement.
  • Suivre le mode d’emploi, ex. éviter que le produit ne « ruisselle » sur les plantes.
  • Ne pas traiter en cas de vent pour éviter la dispersion du produit dans l’environnement.
  • Ne pas utiliser les pesticides à moins de 5 mètres d’un point d’eau.

Bien traiter les déchets.

Traiter correctement les déchets de pesticides :

  • Après utilisation, le produit restant et non utilisable doit être mis dans une bouteille et amené à la déchetterie (et non jeté dans l’évier ou la nature)
  • Avant de jeter le bidon avec les ordures ménagères, le rincer deux fois et l’utiliser pour pulvériser la bouillie de traitement.


L’utilisation des plantes génétiquement modifiées (PGM) peut-elle permettre de diminuer le recours aux pesticides ?


Les PGM résistant aux insectes

Certaines plantes (PGM) ont été modifiées génétiquement afin de résister aux insectes (maïs, coton, pomme de terre). En première approche, ces plantes permettent de ne plus employer de pesticides contre ces insectes. Cependant, la culture de telles PGM sur une grande surface peut favoriser l’apparition d’insectes capables de contourner leur résistance. Il faut alors à nouveau recourir aux pesticides.


Les PGM tolérants aux herbicides qui détruisent tous les végétaux (“herbicides totaux”)

Des PGM ont été génétiquement modifiées pour résister aux herbicides. Les « herbicides totaux » (qui détruisent tous les végétaux) peuvent alors être utilisés plus simplement et en plus grande quantité. Les quantités d’herbicides utilisés pour les cultures de maïs, coton et soja ont augmenté de 5% en 9 années (depuis 1996) de mise en culture de plantes PGM aux Etats-Unis.


Comment est encadrée la mise sur le marché des pesticides ?

La réglementation européenne prévoit une autorisation pour la mise sur le marché des substances actives entrant dans la composition des pesticides, ainsi que pour les préparations commerciales contenant une ou plusieurs substances actives.
 
Pour ce faire, deux phases d’évaluation sont prévues avant autorisation :
 

  • Evaluation des substances actives entrant dans la composition des pesticides, notamment en ce qui concerne les risques physiques, la toxicité pour l’homme, les résidus dans les produits, la persistance de la substance et son comportement dans l’environnement, les risques pour la faune et la flore.
  • Evaluation des préparations commerciales contenant une ou plusieurs substances actives autorisées au niveau communautaire. Elle définit des conditions d’utilisation à respecter : cultures autorisées, mode d’application, dose homologuée, conditions de traitement (notamment délai avant récolte), modalités d’utilisation (ex : protections individuelles, zone non traitée à respecter en bordure de cours d’eau).

Quels sont les contrôles réalisés en matière d’utilisation des pesticides et sur les résidus de pesticides dans l’eau et l’alimentation ?

Crédits photo : Papirazzi/Fotolia
Utilisation des pesticides

Dans les exploitations agricoles et les lieux de vente des pesticides aux agriculteurs, les services du Ministère de l’Agriculture vérifient que la réglementation en matière d’usage et de distribution des pesticides , ainsi que le Code du travail concernant les salariés agricoles, sont respectés.

Qualité de l’eau

  • Eaux superficielles et souterraines :

Il existe plus de 3400 points de mesure de la qualité des eaux sur le territoire français (année 2006). Les Agences et Offices de l’eau sont chargés de contrôler cette qualité sur l’ensemble du territoire et de manière renforcée sur les cours d’eau et les nappes les plus dégradés.

  • Eau potable :

La qualité de l’eau doit être surveillée par le service en charge de la distribution dépendant de la mairie., pour lui permettre, en cas de non-conformité, de prendre rapidement les mesures nécessaires. Le Ministère chargé de la santé vérifie la qualité des eaux en effectuant des contrôles. Des pesticides sont recherchés dans toutes les ressources destinées à la production d’eau potable à une fréquence dépendant de l’importance de cette production.

Résidus sur les produits alimentaires

Dans les lieux de vente au consommateur, des contrôles réalisés sur les produits alimentaires par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) portent sur le respect de la réglementation sur les limites maximales de résidus (LMR).


Quelles sont les pistes de réflexion pour aller plus loin ?


  • Réduire l’usage des pesticides en France ;
  • Renforcer les contrôles  : nombre de contrôles, nombre de substances recherchées par contrôle ;
  • Mieux évaluer les effets des pesticides : il est encore difficile d’évaluer les effets de la combinaison de plusieurs pesticides ainsi que les effets des faibles doses de pesticides absorbées sur une longue durée ou au premier stade la vie (fœtus).
  • Renforcer les conditions d’autorisation de mise sur le marché des produits et de fixation des concentrations en résidus de pesticides acceptables dans l’alimentation.

Quelles sont les dernières mesures prises au niveau français pour limiter l’utilisation et les risques liés aux pesticides ?

Deux engagements importants dans le cadre du Grenelle Environnement :

  • Réduire de 50% l’utilisation de pesticides en 10 ans (d’ici 2018), à condition que des techniques alternatives existent.
  • Retirer du marché les préparations contenant les 53 substances actives les plus préoccupantes (à condition que des produits substituables existent), dont 30 avant fin de l’année 2008, 10 d’ici 2010, et réduire de 50% d’ici fin 2012 les produits pour lesquels il n’existe pas de substituant.

 

Un plan d’actions (« Ecophyto 2018 ») prévoyant notamment :

  • D’acquérir de nouvelles données sur les pratiques d’utilisation des pesticides.
  • D’accompagner et d’aider les agriculteurs  : diffusion des pratiques agricoles utilisant peu de pesticides, notamment via un réseau de 3000 fermes pilotes (« réseau national d’expérimentation-démonstration »).
  • De développer les alternatives à l’épandage aérien en vue de son interdiction.
  • D’interdire l’utilisation des pesticides les plus préoccupants dans les lieux publics.